La démarche par compétences : où en est-on à l’IUT de Nîmes ?

« la compétence permet d’agir et/ou de résoudre des problèmes professionnels de manière satisfaisante dans un contexte particulier, en mobilisant diverses capacités de manière intégrée ». ( CARRE (P) et CASPAR (P), Traité des sciences et techniques de la formation Paris, Dunod, 1999 )

Retrouver la présentation et les notes en commentaire ici…

Comme vous le savez sûrement (ateliers de juin-juillet 2018, vidéo youtube sur votre espace moodle et réunion du 26/03 inter IUT sur ce thème), la démarche de déclinaison des programmes de licence sous forme de compétences est déjà bien entamée. Une première phase plus axée sur l’ingénierie de formation qui implique une recherche des besoins en compétences dans le bassin d’emploi local via des interviews de professionnels et d’anciens étudiants touche bientôt à sa fin pour la plupart des licence pro.

Les programmes et syllabus pré-existants ont été transmis puis détaillés sous une forme similaire à celle du recueil des entretiens : connaissances (ce que l’étudiant/professionnel doit savoir/comprendre), les capacités attendues (ce que l’étudiant/professionnel doit savoir faire), les méthodes et outils (les outils techniques ou méthodologiques que l’étudiant/professionnel doit maîtriser pour les mobiliser), les activités (la finalité des tâches qu’il doit pouvoir accomplir dans son contexte plus global). Cette similitude du mode de recueil-classement entre le pôle enseignant & expert métier va faciliter le croisement des données pour identifier les concordances et les écarts afin de réorienter les contenus des licences pro. Les fiches RNCP et les référentiels métiers liés aux débouchés des licences font aussi partie des éléments à prendre en compte en amont de la synthèse.

La cartographie de la formation mise à jour et synthétisée (modélisation du process d’acquisition des compétences sur la durée du programme voir présentation du 26/03) est le point de départ de la deuxième phase. « Process » dit « progression » et la deuxième phase a pour but de baliser les étapes du process en étapes rationnelles correspondant aux différents niveaux de compétence qu’il vous revient de définir (avec l’aide du service pédagogique bien sûr). Comme en entreprise côté RH lors des évaluations ou bilans, on va chercher à définir le niveau de maîtrise actuel et idéal ou attendu en fin de cursus et les niveaux de maîtrise qui le précèdent. En entreprise, la compétence est a priori existante, les niveaux de compétence se distinguent donc en termes d’autonomie :

Une compétence s’apprécie aussi par rapport à la maîtrise que nous en avons. Il est important dans la phase de réflexion ou de préparation d’une démarche d’être objectivement au clair avec les 3 degrés de maîtrise généralement utilisés :

  • Degré 1 : « je réalise cette action avec l’aide ou la supervision d’une autre personne »
  • Degré 2 : « je réalise cette action de manière autonome, fiable et efficiente »
  • Degré 3 : « je réalise cette action et je peux transmettre ce savoir-faire à d’autres personnes ».

En ingénierie de formation, on doit aussi déterminer les antécédents requis pour atteindre la compétence attendue en fin de cursus. Vous connaissez sûrement ces étudiants qui bachottent ou mémorisent à court terme et ne savent plus mobiliser ces savoirs lorsqu’ils sont en situation pratique par exemple. Un modèle de hiérachisation des compétences cognitives pourra nous aider sur les premiers niveaux : connaître < comprendre < appliquer < analyser < synthétiser < évaluer. Ce n’est qu’un modèle (Taxonomie de BLOOM) parmi tant d’autres mais grâce à lui on peut déjà envisager un niveau de la construction d’une compétence qui serait formulé avec le verbe connaître :

  • Je connais mes verbes irréguliers mais je ne sais pas encore m’exprimer au passé sans faire d’erreur.
  • Je connais le DTU 60.11 mais je ne sais pas encore bien choisir le diamètre d’un tuyeau.
  • Je connais pythagore par coeur mais je n’arrive pas à l’identifer comme outil pertinent dans des tâches contextualisées
  • etc…

D’autres modèles sont disponibles comme outils de réflexion. Toutefois, pour débuter cette étape 2, le mieux est de s’imaginer l’étudiant-e idéal-e qui a passé son examen avec succès : que sait-il/elle ? Que sait-il/elle faire ? Quels outils et méthodes peut-il/elle mobiliser ? Dans quel but ? Dans quels contextes ?

Spoiler de l’étape 3 …. on boucle la boucle entre ingénierie de formation et ingénierie pédagogique. En effet, lorsque les compétences et leurs niveaux de maîtrise sont identifiés, le choix des modalités de développement et d’évaluation de ces compétences peut alors débuter. On verra qu’on peut difficilement évaluer une compétence avec des QCM. Gardons ça pour l’entraînement à l’acquisition des savoirs ! On verra aussi que la compétence est une performance observable et ne peut se développer que grâce aux méthodes dites ‘actives’. Nous verrons comment le numérique, les espaces learning lab et learning center peuvent devenir des outils essentiels de cette nouvelle approche pédagogique sur l’IUT.

Publications d’intérêt :

Comment identifier et communiquer ses compétences techniques ? (BLOG PRO)

Pour aller plus loin sur la notion de compétences (GUIDE SUCCINT)

Organiser la formation à partir des compétences Pédagogies en développement Un pari gagnant pour l’apprentissage dans le supérieur ( Marianne Poumay Jacques Tardif François Georges : GUIDE COMPLET)

Exemple de guide d’évaluation des compétences en entreprise

Ouvrages utiles du Learning Center au Bâtiment admin :

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